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(monde:Les royaumes oubliés,continent:Cormyr, faerûn)

Histoire de Gerbo le Blaireau
Mage N/B (Baravar Sombretoge)

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Assis en tailleur sur une pile d'épais manuscrits, une lueur vascillante flottant à quelques centimètres de sa main ouverte, le jeune gnome tentait de déchiffrer les étranges symboles qui remplissaient la feuille de parchemin jauni déroulée sur ses genoux.

Il avait découvert la minuscule bibliothèque du grand et respecté Daegel, un adepte des chimères, des fantasmes et autres illusions déjà trois fois centenaire, alors qu'il explorait des galeries inusitées depuis des années. Depuis, il y passait une grande partie de son temps libre, parcourant les pages retraçant l'histoire de la région, des légendes que même les nombreux bardes du village ne contaient plus... Mais ce qui l'intéressait par dessus tout, c'était ceux parlant de cet art si familier aux gnomes, mais dont il savait si peu de choses : L’ Illusion!
Gerbo était le troisième né d'une famille de cinq enfants, et le seul garçon, ce qui explique que son père, Roondar de Raulnor, le pousse à suivre sa profession d'alchimiste, et à venir dans son "laboratoire" le plus souvent possible. Le petit clan vivait dans un confortable et vaste terrier, dont l'entrée débouchait au pied d'un chêne massif, à la lisière du bois bordant le village parfaitement caché des yeux peu perçants des grandes personnes. La petite communauté de gnomes, comptant environ cinq cents habitants, se situait au Sud de la grande forêt du Cormanthor, et n’était indiquée sur aucune carte. Les Raulnor ne manquaient pas d'argent, grâce à la qualité des substances confectionnées par Roondar, et au génie musical de la mère de Gerbo, Elliowyn, qui jouait de la harpe dans plusieurs auberges environnantes. Leurs propres parents vivaient également auprès d'eux, jouissant d'une retraite bien méritée, ce qui portait à onze le nombre de gnomes vivant au "pied du chêne".

Tout à coup, la porte s’ouvrit, et le vieux Daegel pénétra dans la petite pièce. Gerbo s’empressa de ranger le parchemin dans son étui, mais le gnome à la barbe et aux cheveux blancs comme neige, au visage parsemé de petites rides exprimant sa bienveillante sagesse, l’arrêta :
« Non, ne t’arrêtes pas, Gerbo, dit-il d’une voix douce, n’exprimant aucune surprise. Les manuscrits que tu lis ici depuis quelques années déjà, ne peuvent que t’apporter connaissance et vivacité d’esprit. Voilà pourquoi je suis prêt à t’encourager, et même à t’apprendre cet art si beau et si mystérieux qu’est la magie.

_Vraiment ? s’enquit le jeune gnome. Vous accepteriez de devenir mon maître ?
_Bien sûr, si tel est ton désir, je le ferai ! »

Ainsi commença le long apprentissage de Gerbo, au cours duquel il apprit à déchiffrer les symboles magiques, à écrire ses propres parchemins, et à lancer ses premiers sorts. Daegel lui enseigna également trois des langages qu’il connaissait, le draconien, le gobelin, qui était la langue de leurs ennemis jurés, et le sylvestre. Exaspéré par les efforts de son père pour lui retransmettre la profession d’alchimiste, le jeune néophyte finit par lui avouer qu’il était devenu le disciple de Daegel, ce qu’il avait caché, par peur de subir la colère de Roondar. Il fut agréablement surpris par sa réaction. En effet, Roondar, apprenant que son fils avait enfin trouvé sa voie, en fut soulagé, et même fier. Par la suite, il confia à Euphémia, la deuxième née de la famille, qui avait une passion pour toutes les substances étranges que manipulait son père -et un don incontesté pour ce qui était de les reconnaître- le soin de reprendre le laboratoire familial, ce qu’elle accepta naturellement avec joie.

Lorsqu’il n’était pas avec son mentor, Gerbo aimait jouer de son instrument favori, la mandoline, avec quelques gnomes du village, avec qui il formait un petit groupe. Ils l’appréciaient également pour ses chants, car il avait la chance de disposer d’une voix très mélodieuse, et pour ses quelques sorts, qui les surprenaient chaque fois, et impressionnaient les plus jeunes lorsqu’ils jouaient devant un public. Il appréciait également les promenades dans les bois bordant le village, lors desquelles il s’entraînait à la fronde, une arme qu’il avait adopté pour sa légèreté, et il apprenait à connaître les animaux y vivant, en particulier les blaireaux, avec qui il discutait souvent. Cette familiarité lui fut d’ailleurs d’une grande aide : Une fraîche soirée de l’été de l’an 1356, à l’aube de sa trente-troisième année, alors qui s’apprêtait à rentrer au Pied-du-chêne, il entendit un étrange grognement rauque, qui ressemblait étrangement à un aboiement, immédiatement suivit d’un cri strident ; Il se précipita dans la direction des bruits et vit un énorme blaireau, qui faisait au moins deux fois la longueur de la jeune gnome dont il comptait faire son repas. Alors, Gerbo, dans un élan de courage surprenant, harcela le monstre en lui envoyant de petites pierres à l’aide de sa fronde, qui suffirent à lui faire détourner son attention. Gesticulant et hurlant, il parvint à attirer la bête qui permit ainsi à l’inconnue de s’enfuir. Alors, Gerbo prit ses jambes à son coup, mais le blaireau sanguinaire ne comptait pas en rester là : le gnome dut user maintes fois sa magie, en particulier en créant des sons illusoires afin de d’éloigner l’animal de sa piste. Les blaireaux dont il connaissait chaque terrier l’aidèrent grandement en camouflant l’odeur qu’il laissait sur son chemin, et ne qui ne lui laissait aucune chance de semer le monstre à l’odorat surdéveloppé. Après plusieurs heures de poursuite pendant lesquelles il parcourut une bonne vingtaine de kilomètres, il finit par rentrer au village, ayant laissé la bête loin derrière lui. A peine avait t-il ouvert la porte d’entrée de Pied-du-chêne que sa mère se jeta sur lui, pleurant à chaudes larmes, soulagée de revoir son seul fils vivant. A la table occupant le centre de la pièce étaient assises ses quatre sœurs, ses grands-parents, et une jeune gnome étrangère à la famille, qu’il comprit être celle qu’il avait sauvé quelques heures plus tôt : Shamil, la ravissante fille de Corn, l’habile forgeron du village.

Sept années passèrent durant lesquelles Gerbo se montrait un élève brillant et très intelligent, mais très distrait. En effet, il lui arrivait souvent de mettre la bibliothèque de Daegel sens dessus dessous pour trouver un parchemin qu’il avait dans sa poche, ou de penser à la conversation qu’il avait eu avec un blaireau pendant que son maître lui parlait des différentes utilisations de lecture de la magie, ou encore de lui apporter mythes et légendes gnomes alors que celui-ci demandait une tasse de thé. L’amitié qui naissait entre le jeune gnome et Shamil depuis qu’il lui avait héroïquement sauvé la vie ne faisait rien pour arranger les choses.

Pendant l’hiver de l’année 1361, maître Daegel, dont la santé se détériorait ces derniers mois, tomba gravement malade. Malgré les soins donnés par le nouveau prêtre du village, son état ne fit qu’empirer. Ainsi, lors d’une belle nuit de pleine lune, peu avant la grande fête des quarante ans de Gerbo, il se confia à ce dernier, qui restait toujours à son chevet : « Je pense que je t’ai appris tout ce dont tu as besoin pour l’instant, et il est temps pour toi d’aller découvrir le monde, d’assouvir ta curiosité… Quant à moi, travail est terminé, et je peux m’en aller sans regrets. Adieu, Gerbo. » Sur ces mots, il remonta sa couverture, se coucha sur le côté, et tomba dans un profond sommeil. Il s’éteint quelques heures plus tard, peu avant le lever du soleil. Le jeune illusionniste était partagé entre un sentiment de solitude intense et d’enthousiasme à l’approche de la fête qui s’annonçait grandiose.
C’est un an plus tard qu’il se décida à quitter son village natal, et du même coup, tous les gens qu’il aimait, à son plus grand regret. La séparation la plus dure fut celle de Shamil, qui avait avoué son amour pour le jeune gnome au cours de la magnifique nuit de son passage symbolique à l’âge adulte. Gerbo, qui l’avait toujours aimé, ne put croire à son bonheur, et les jeunes amoureux passèrent une année merveilleuse dans l’insouciance la plus complète, sans cesse ensemble pour profiter le plus possible de leur amour qui semblait sans faille. Cependant, il commençait à penser à sa future carrière, à l’endroit où il vivrait, et tout ce qu’impose la vie d’adulte. Il ne pouvait se résoudre à rester au village, où ses envies de découvrir le monde et d’exercer sa magie ne pouvait être assouvies. Il suivit donc les conseils que lui avait donnés de son maître, et promit à Shamil et à sa famille de revenir bientôt. Ses parents lui donnèrent une part de leurs économies, qui suffit largement à l’achat du nécessaire pour le voyage.

Depuis treize ans maintenant, Gerbo parcours les Vaux, puis le Cormyr, s’arrêtant parfois plusieurs années dans des villes telles que le gué d’Ashaba, Valombre et Hautelune, et plus loin de véritables cités comme Arabel, à la recherche d’aventures et de nouveaux sorts à expérimenter, vivant de son Art et de la musique. Au cours de ses nombreux voyages, il commença à s’intéresser au Maître des Illusions, Baravar Sombretoge, en rencontrant quelques uns de ses fidèles. Bien qu’il ne se soit jamais senti concerné par la vie des dieux, ils le convainquirent que le Cauteleux était le sien. Il commença donc à assister aux Voiles, et à rendre quelques services aux prêtres et autres fidèles, qui en échange lui offrent le gîte et le couvert, sans rien attendre de plus du jeune néophyte. C’est aujourd’hui un jeune gnome agile et très rusé mais toujours distrait, et son ouïe peu fine lui joue parfois des tours. Il prend également soin de son apparence, et sa jovialité lui permet de s’entendre avec la plupart des races. Il ne porte aucune armure, faisant confiance à ses réflexes, et s’habille de couleurs plutôt vives. La seule arme qu’il laisse apparaître est un demi-pique, accroché à son lourd sac à dos. Gerbo ne se déplace jamais sans sa mandoline, et est toujours prêt à mettre un peu d’animation dans quelque auberge morose.

( écrit par GerBo Le Blaireau)

 





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