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Campagne Istr Ayt Zahn

(monde:Galathorn,continent:Ouest)

Histoire de Endora
Succube C/M (Yezm)

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Feuille de perso
Récits d'aventure

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Ceci est mon journal personnel. Moi, Endora la succube, esclave de Yezm depuis maintenant plus de vingt ans, vais peut être enfin retrouver ma liberté si je mène à bien ma prochaine mission : protéger les élus de Yezm jusqu’à ce qu’ils soient suffisamment forts pour accomplir leur destinée… Et ce sera aussi l’occasion de m’amuser un peu parmi les mortels hihi, cela fait bien longtemps…


Jour 1 :


*Ca y est, Asymar a récupéré les « enfants », il était moins une, ce comte Germanov était sur le point de les achever… Je ne sais toujours pas ce que le Maître attend de ces hommes, ils n’ont rien d’extraordinaire. Pourquoi eux ? Ceci dit, étant donné le temps investi par nous tous pour eux, je comprend sa colère à les voir s’entre tuer, et sa volonté de ne pas voir tout notre travail ainsi gâché. Hm, cela fait à présent des heures que Samael et moi veillons dans cette pièce sur eux, attendant leur réveil. Leurs corps nus gisent sur ces trois tables, recouverts de draps blancs. Ah tiens, le hobgobelin à l’air de bouger…


Ils étaient vraiment difficiles à contrôler, insupportables, ils n’avaient finalement que peu changé depuis toutes ces années. Dès son réveil, Lokidor se rua sur Ababakar encore inconscient, et le roua de coups, réclamant vengeance. Wilfried, clairement le moins psychopathe des quatre enfants, tenta aussitôt de les séparer, avec peine car Lokidor était enragé. Samael quitta alors les ombres dans lesquelles nous attendions, pour prêter main forte à Wilfried : mais ce dernier, à la vue de l’elfe noir de prêt de deux mètres, en tenue de combat, qui le chargeait, cru à une attaque ennemie et se lança à sa rencontre, laissant un Ababakar déjà en piteux état essuyer les assauts de Lokidor. Cela était sur le point de recommencer, ils auraient pourtant du retenir les leçons de leurs nombreux déboires passés. Je m’avançai à mon tour vers la mêlée, et prenant l’apparence de Miranda, leur ancienne institutrice, leur intimai l’ordre de cesser ces enfantillages, sous peine de représailles du Maître, qui était déjà fort contrarié. Me reconnaissant comme une alliée, ces deux idiots cessèrent l’inutile combat et nous suivirent, Samael et moi, dans les sombres souterrains Draal (Samael, après avoir recouvert le visage de l’enchanteur pour ne pas rendre berserk Lokidor, l’emporta par-dessus l’épaule.


Notre Maître s’était installé dans les appartements de Ababakar, changeant quelque peu la décoration pour la rendre plus à son goût. Samael et moi nous inclinâmes à notre entrée dans la vaste pièce, puis repriment la place qui était la notre auprès du Maître. Ce dernier nous attendait assis sur un trône, Asymar debout à sa droite, s’appuyant sur une imposante épée à deux mains. Samael, après avoir posé à terre le mage, vint se placer à sa gauche, pendant que je m’allongeai sur le parterre de coussins situé à ses pieds. Il prit ensuite la parole, réprimandant les trois hommes qui lui faisaient face pour leur comportement pour le moins stupide, avant de les interroger sur l’avancement de la mission qui leur avait été confiée –sachant pertinemment qu’elle en était encore au point zéro. Le hobgobelin était même incapable de se remémorer quelle était cette mission – nettoyer la ville des Yezmites des disciples de HEL s’y étant installés. Après avoir montré à ces trois incapables le sort qui avait été réservé à leurs anciens compagnons (à présent des non morts en décomposition), Yezm s’en remis aux capricieuses forces du chaos pour décider de la punition de chacun de ces trois mortels. Wilfried devint plus blanc que blanc, Ababakar prit l’apparence d’une méduse, et Lokidor fut recouvert des pieds à la tête de pustules malodorantes. Les deux humains ne purent supporter leur nouvelle apparence, et s’enfuirent en hurlant pour se terrer Yezm sait où. Notre Seigneur annonça au seul restant que Asymar, Samael et moi-même les accompagnerions désormais pour assurer l’accomplissement de sa volonté.

Nous fument alors tous conviés à sortir, et à ne pas revenir avant d’avoir anéanti le culte de HEL. La porte disparu derrière nous. Nous avions trois jours pour préparer notre départ – bien assez pour se divertir un peu et jouir de ma semi liberté.


Le moine nous guida dans les méandres des catacombes orques, puis dans les égouts d’Istr’ Ayt Zahn, où nous ne fumes dérangés que par une patrouille d’hommes rats que mes charmes nous permirent d’ignorer (ces créatures pullulaient dans ces souterrains, selon notre guide moine). Après avoir rejoint discrètement la surface par une plaque d’égout située dans les bas quartiers, nous découvrîmes rapidement que c’était l’époque du grand marché annuel : la cité était en pleine effervescence. Wilfried nous guida encore un peu dans cette grande ville, jusqu’à ce que notre attention à tous soit captée par la luxueuse tente du marchand Thynn, réputé pour ses objets magiques. Il fallait montrer patte blanche à l’entrée (au moins 1.000 p.o.) et seul Wilfried en était capable. Je passai donc mon bras sous le sien afin de pouvoir visiter, pendant que nos compagnons se faisaient refouler à l’entrée par d’intraitables gardes nains. Sous la tente, mes indéniables atouts ne laissèrent pas indifférent le marchand (un mage d’une cinquantaine d’année), qui me fit « cadeau » de plusieurs de ses créations, moyennant un modeste paiement en nature.

Une fois l’affaire conclue, Wilfried souhaita rendre visite à Lokidor, dont les gardes nous accueillir avec des tirs de flèches, suite à un malentendu. Nous profitâmes ensuite de l’hospitalité austère de sa forge (enfin, sauf Asymar qui faillit déclencher une bagarre contre Lokidor, avant d’être raisonné par Samael et moi), et Ababakar et ses nouveaux petits amis (une masse grouillante de serpents trônant sur sa tête) nous rejoignirent peu après. Lokidor tenait à nous informer qu’il prenait des vacances le temps de soigner ses pustules (le Maître risquait d’en être irrité), puis lui et son ennemi souhaitèrent rester seuls pour discuter.

Notre groupe se mit ensuite en quête d’un lieu où passer la nuit, tandis que Samael soulageait quelques riches citoyens de leur bourse. Wilfried proposa de nous héberger dans une auberge dans laquelle il travaillait comme videur, mais il n’y était visiblement plus le bienvenu, et je m’éclipsai avant que les choses ne s’enveniment. Quelques questions à des passants me menèrent à La Charrue d’Or, l’établissement le plus luxueux de la ville. Les autres m’avaient rejoints, et j’usai une fois de plus de mes charmes pour convaincre le tenancier de me fournir une suite sans payer d’avance. J’accordai au hobgobelin, que je faisais passer pour mon serviteur, une paillasse dans ma chambre – cet ahuri pourrai m’être utile. Après s’être installés et avoir fait évacuer le Déchu par le service de sécurité (je n’avais guère confiance en ce type), Wilfried me fit préparer un bain. Samael avait quant à lui loué une chambre plus modeste quatre étages en dessous.

La nuit venue, il était temps d’aller profiter des divertissements que la capitale du Sultanat avait à nous offrir. Les males cherchèrent un lieu où montrer leurs talents de combattants, et y passèrent toute la nuit. Quant à moi, je décidai qu’il était temps de me restaurer, et m’aventurai dans les bas quartiers dans l’espoir que quelques abrutis s’en prennent à la faible femme que je suis… Une fois rassasiée, je retournai à l’auberge, où on me remit un courrier de Lokidor. Wilfried rentra tard et osa me réveiller : je passai mes nerfs sur lui, réveillant peut être d’autres clients, et me rendormi.


Jour 2 :


Je me réveillai avant mon compagnon de chambre, et quittai l’auberge avant lui, invisible, le forçant à régler l’addition, comme un vrai gentleman hihi. Samael était déjà parti je ne sais où, et nous ne savions pas non plus où avait passé la nuit Abysar-le-fauché.

Il nous fallut une bonne heure pour enfin entrer en contact télépathique et nous rejoindre: Samael avait retrouvé le clochard, et nous retournâmes à Forge Knox prendre connaissance de ce que Lokidor avait à nous dire. Le siège de son Eglise se trouvait à Galathorn (un petit royaume dont un groupe d’aventuriers opportunistes avait pris le contrôle il y a une quarantaine d’années), et il avait reçut une requête des ses supérieurs de l’ordre : obéir à Spradus, chef de la délégation de Galathorn dans le Sultanat. Il souhaitait faire éliminer ses homologues du Kjeldor (un puissant empire de lumière, intouchable, bien que cerné de contrées maléfique), qui courtisaient également le clan Draal. Lokidor ne sortant plus de chez lui, et comme nous avions encore un peu de temps à tuer, nous acceptâmes de rencontrer ce Spradus au temple en construction de LOKI, à plusieurs kilomètres de la capitale.

Sur le chemin, l’Elfe Noir fut pris la main dans le sac par les gardes, à dérober la bourse d’un marchand. Fort heureusement nous étions à proximité, et je réussi à duper la foule en colère, en transformant mon camarade en crapaud et en promettant de lui faire subir mille tortures pour le vol de mes bijoux… La victime de Samael me remit même de l’or pour mon action (l’abruti !).

Une bonne heure plus tard, nous étions au chantier (on voyageait à pied). Spradus nous offrit une somme dérisoire pour le débarrasser des gardes du Kjeldor à l’extérieur de la ville (les émissaires étaient eux déjà en ville, où nous ne pouvions agir). Mais qu’importe ! Ce serait pour nous l’occasion de nous entraîner avant de partir en voyage dans les profondeurs de la terre, et aucun d’entre nous n’aurait refusé l’occasion de tuer quelques citoyens Kjeldoriens.

Nous optâmes pour une attaque de nuit, et il nous fallut donc attendre d’interminables heures son arrivée… Une brève observation du camp ennemi nous révéla leur nombre (12), et ma beauté fit succomber un chevalier en patrouille, qui accepta un rendez vous avec moi à la tombée de la nuit. Mes compagnons s’étaient cachés à quelque distance du lieu de rendez vous, et s’approchèrent plus ou moins discrètement pendant que j’invitai le chevalier à se dénuder et me faire une petite gâterie : mes cris couvrirent ainsi un peu l’approche du groupe, qui se jeta sur l’homme totalement surpris. Je me rhabillai, tandis qu’il se faisait tailler en pièce. Le combat ne me sembla pourtant pas si simple pour mes compagnons, l’attaque du camp s’annonçait donc difficile !!

Camouflés par une sphère d’invisibilité, Wilfried, Samael et moi nous sommes avancés vers le campement, repérant l’emplacement des gardes et combien étaient endormis ou dans leur tente (le Déchu et sa plaque bruyante attendaient à proximité le signal de l’assaut). Un premier dormeur fut égorgé dans sa tente, mais une fois dans la seconde tente Wilfried essaya d’éliminer un chevalier avec sa propre épée et, peu habitué à ce type d’arme, me transperça un bras !! L’immonde crétin ! J’hurlai de douleur, réveillant tout le campement, et Samael et Wilfried suite à leur attaque étaient à présent visibles. Tous les gardes, et les chefs nains, se ruèrent en direction de la tente où Wilfried luttait pour achever un chevalier encore à moitié dans le gaz… Asymar chargea alors le campement, attirant nombre de gardes sur lui, pendant que Samael lui restait caché, attendant le moment propice pour prendre tout le monde à revers. Toujours invisible, je me concentrai et déchaînai toutes mes forces magiques, nous croyant perdus. J’avais pour objectif d’éliminer rapidement un maximum de gardes, pour que les combattants puissent concentrer leur puissance de frappe le plus vite possible sur les deux nains qui combattaient dos à dos, faisant virevolter leurs marteaux runiques à travers tout le campement… avec comme résultat d’horribles blessures pour mes camarades. Très vite, cinq hommes qui étaient autrefois de fiers chevaliers ne furent plus que d’immondes crapauds. Mais pendant ce temps, Asymar était submergé par le nombre, et Wilfried, bien que réussissant de nombreuses parades de marteaux, était également en difficulté face aux nains. Samael surgit enfin de la tente, labourant le dos d’un chevalier pris totalement par surprise. Quant à moi, en transe et toujours invisible, je lâchais de véritables nuées de missiles magique sur l’ennemi, cherchant à dégager Asymar… celui-ci fini pourtant par tomber, en même temps que son dernier adversaire. Et mes deux autres compagnons menaçaient à tout moment de succomber sous les coups de boutoir des nains, rendus à moitié fous par le sort que j’avais réservé à la moitié de leurs hommes. Petit à petit le nombre des combattants diminuait de chaque coté… Samael tomba presque en même temps que l’un des nains… Mais notre dernier adversaire, dont j’avais pourtant anéanti l’armure, restait un formidable guerrier, de son marteau il défonça les os du grand hobgobelin. Croyant alors avoir remporté la victoire (il ne pouvait me voir, et de plus pendant tout le combat j’étais situé dans son dos), il entreprit de soigner son frère de race… Il n’en eu heureusement pas le temps, une dernière salve d’énergie eldritch venant le frapper de plein fouet et mettre fin à ses jours. Nous avions vaincu, mais de justesse ! Je soignai le Déchu, qui utilisa sa magie pour guérir les autres. Le pillage pouvait commencer héhé… Une fois cela fait, nous dressâmes un bûcher funéraire dans lequel disparurent tous les gens du Kjeldor et leur campement. Hélas je ne capturai que l’un des crapauds, les autres s’étant perdus dans les dunes…

Mais la mission était accomplie, et je me téléportai devant La Charrue d’Or (abandonnant mes comparses), décidée à prendre un repos bien mérité.


Jour 3 :


Je me réveillai aux alentours de 8 heures, et sans même me restaurer, pris la route du marché aux esclaves, au centre ville : il me fallait une servante ! Je repérai assez rapidement une gamine d’une dizaine d’années, et après quelques négociations avec le gros porc dégoulinant de sueur qui en était le propriétaire, j’en fis l’acquisition pour 10 pièces d’or. J’achetai également une paire de menottes avant de retourner à l’auberge avec la fillette terrorisée et en pleurs. Je l’attachai sans ménagement dans ma suite, puis repartis en ville, l’armure naine récupérée la veille chargée sur un disque magique. La grande tente de Thynn était ma destination. A l’entrée, je croisai le Déchu, qui venait une fois de plus de se faire refouler… Quant à moi, les gardes nains me laissèrent passer sans difficulté : leur patron avait du apprécier notre dernière entrevue, et avait donné ses ordres héhé… Je fis examiner à l’œil l’armure (faisant miroiter au mage une future récompense en nature), afin de ne pas me faire roulée en la vendant. Moins de trente minutes plus tard, je quittai Forge Knox avec 350 pièces de platines en poche. Ajoutées aux plus de 500 pièces d’or que me rapporta la vente des bijoux nains, cela me faisait un joli pécule. A présent riche, je confiai ma petite esclave au gérant de La Charrue d’Or (ainsi qu’une bourse contenant 50 pp), lui demandant de l’éduquer et de la vêtir afin qu’elle puisse me servir comme il se doit le plus tôt possible. Satisfaite, je passai toute l’après-midi à me prélasser dans ma suite, à l’abri de la chaleur extérieure.

Ces demeurés de mâles s’étaient une fois de plus inscrits à un tournoi de lutte à la Goûte de Sang, aussi nous nous y rendîmes tous la nuit venue. De prestigieux combattants participaient, et Wilfried et Samael firent honte au Maître en se faisant tout bonnement « déchirer la gueule » au premier combat. J’avais parié une forte somme sur Samael et sur un champion humain, dont un « connaisseur » m’avait vanté l’invincibilité… ce qui ne l’empêcha pas de prendre une dérouillée face à un demi-géant. Fort contrariée par la perte de 500 po, je feignis l’indifférence et invitai le donneur de tuyaux à me rejoindre plus tard à l’extérieur, dans une petite rue déserte. Je quittai ensuite l’établissement, laissant mes imbéciles d’acolytes penser leurs plaies.

Dans la rue, je repérai immédiatement un sinistre individu me prenant en filature. Il rebroussa cependant chemin après quelques dizaines de mètres. Qu’à cela ne tienne ! Devenant invisibles, mon familier et moi suivîmes à notre tour l’espion jusqu’à l’auberge. Nous le guettâmes jusqu’à la sortie de mes compagnons, qu’il prit aussi en filature. Après avoir prévenu le petit groupe de la présence de l’espion, nous n’eûmes aucun mal à le prendre en tenaille et à lui faire chèrement payer sa curiosité. Cependant celui que nous identifiâmes comme un assassin de la déesse HEL, revint plusieurs fois à la vie, nous contraignant à lui trancher la tête pour être tranquilles.

La menace écartée, je filai à mon « rendez-vous », tandis que les autres se battaient presque pour les possessions du cadavre. Et ce n’est qu’après avoir lentement dégusté Huggy les Bons Tuyaux que je m’en retournai à La Charrue d’Or. Là-bas, j’eu le déplaisir de constater que ma suite avait été visitée par un membre de l’ambassade Kjeldorienne, aussi je soudoyai la garde pour bénéficier d’une protection « spéciale » (de plus, nous savions que le serviteur de HEL n’était pas seul en ville).


Jour 4 :

Je fus réveillée tôt le matin par le chef de la sécurité, qui m’avertit que la cité était attaquée et que tous ses hommes allaient être affectés à la protection de l’auberge. En ouvrant les volets, je découvris en effet plusieurs colonnes de fumée montant de la ville, pendant que les Ogres étaient aux prises avec des non-morts, juste sous ma fenêtre. Ces faibles zombies n’étaient cependant pas de taille, et une fois l’effet de surprise passé, la garnison orque reprendrait vite le contrôle des rues. Cherchant une opportunité de profiter de la situation, tout autant qu’à s’assurer qu’aucune menace plus grave ne pesait sur nous, Samael et moi survolions la ville. Mais il n’y avait pas de quoi s’inquiéter outre mesure, et c’est avec plusieurs caisses de vin millésimé que je retournai à l’auberge. Pour la forme, nous fîmes tout de même un tour par la suite au dessus de Forge Knox, où nous eûmes la surprise de trouver cette tête brûlée de Lokidor, enterré sous une masse grouillante de chair en putréfaction. Il fut dégagé avec l’aide de Ababakar et Asymar, qui arrivèrent alors à dos de mouche, précédant tout juste une escouade de cavalerie orque. Un nombre anormal de zombies gisaient autour de la forge, mais je n’avais aucune explication à cela. Par contre, un autre constat s’imposa à moi : entre les serviteurs de HEL qui rôdaient dans l’ombre, les émissaires du Kjeldor qui nous avaient à l’œil, et les attaques de morts vivants, Istr’ Ayt Zahn devenait un lieu un peu trop « chaud » à mon goût ! Il était temps de partir et d’exécuter les ordres de Yezm…

Le reste de la journée fut ainsi consacré à nos préparatifs. Je fis notamment examiner par Thynn l’amulette de HEL de Wilfried, lui soutirant au passage 100 po, même si tous les mystères de l’objet de purent être percés. Quand tous furent près, nous nous rendîmes à la plaque d’égout la plus proche pour entamer notre périple dans le monde souterrain.


Jour 8 :

Après quatre jours de voyage sans incident notable, mais néanmoins fatiguant (escalade, franchissement de cours d’eau souterrains, ramper dans d’étroits boyaux… sans parler de l’insupportable voix du Déchu qui chanta faux durant tout le trajet !!), guidés par le Hobgobelin, l’antique capitale des Yezmites se dressait enfin devant nous, au-delà d’un gouffre large de plusieurs dizaines de mètres. Sur mes gardes, je traçai aussitôt quelques runes magiques dans l’air et devins invisible : les autres nous avaient en effet parlé d’un dragon noir protégeant l’accès à la cité, et je ne tenais pas à attirer son attention. Puis tandis que le gros de notre groupe s’engageait sur l’arche de pierre menant à la cité, je révélai mes ailes et entamai la traversée du gouffre. A mi-parcours, un petit garçon ricanant apparu à l’autre extrémité de l’arche, nous narguant puis fuyant vers le centre de la ville. Les flèches de Wilfried tirées dans son dos (abattre un enfant dans le dos héhé, malgré son air de nounours, lui aussi semblait avoir bien retenu les leçons dispensées par le Maître…) n’atteignirent pas leur cible. Pour ma part, craignant qu’il ne s’agisse d’un quelconque démon métamorphosé ou d’une illusion destinée à nous conduire dans une embuscade, je préférai ne pas le poursuivre. Nous progressâmes donc, sur nos gardes, parmi les ruines de la cité troglodyte. Et lorsque que le temple de HEL fut enfin en vue, nous vîmes le sale mioche y pénétrer, nous lançant une fois de plus son rire mauvais. Quoi qu’il en soit, il était maintenant raisonnable pour nous de penser qu’il s’agissait d’un ennemi, et qu’il avait prévenu les résidents du temple de notre arrivée. Il fallait donc nous préparer à un comité d’accueil particulièrement chaleureux…

Une fois à l’intérieur du temple, nous eûmes la surprise de constater qu’il était totalement désert… Hormis, sur un autel qui avait du boire le sang d’innombrables sacrifiés, toujours cet insupportable marmot, qui disparu en sautant derrière. Cette fois, nous nous ruâmes sur lui, pour ne découvrir qu’une lourde trappe métallique, même pas dissimulée, derrière l’autel. Après que Samael ai sécurisé la zone, les tas de muscles firent coulisser la trappe, que je conseillai de mettre hors service pour ne pas être enfermés. Aussitôt descendus, une horrible douleur nous pris au corps, puis vint un profond sentiment de malaise, qui ne devait plus nous quitter au sein de ce complexe souterrain. Seul Wilfried, arborant son amulette symbolisant HEL, semblait en pleine forme… « Un objet de protection, je ne peux vous en dire plus », qu’il avait dit, le Thynn. Hmm… Après quelques couloirs déserts, nous débouchions dans une salle contenant deux golems de métal, inanimés, et un élémentaire d’eau, qui de son bassin nous menaça : si on ne répondait pas à ses énigmes, les golems nous découperaient en rondelles. Il posa donc sa première énigme… Quelques minutes plus tard, l’un des golems gisait à terre, vaincu. Fort heureusement, les deux énigmes suivantes furent résolues par nos brillants cerveaux, et les deux clefs permettant de progresser plus avant dans ce labyrinthe étaient nôtres. Et en prime, nous avions gagné une belle quantité d’or, sous la forme d’un troisième golem brisé. Il nous fallut cependant patienter près de trois heures, le temps que l’œil expert de Samael fasse le tri entre les pièce de valeur et la ferraille, car le tout devait peser plus d’une tonne !


Après le tri, Asymar lança discrètement une zone de vérité, et se rendit ainsi compte que le changeforme avait tenté de nous escroquer de 20.000 pièces d’or ! Les parts remises à jour, nous chargeâmes plus de 400kg d’or sur l’un de mes disques magiques, et Samael emporta le reste sur son dos. Pendant ce temps, le Mal qui règnait en ce lieu aspirait petit à petit nos forces vitales, et il devenait urgent de se remettre en route, sans trainer cette fois… Revenus dans la salle de l’élémentaire (qui avait disparu), nous pûmes ouvrir l’issue qu’il bloquait grâce aux clefs trouvées dans les débris des golems. Après avoir déjoué un piège meurtrier se déclanchant par contact avec les murs, sol, plafond ensorcelés, s’en suivit un « nettoyage » en règle de toutes les salles rencontrées : diverses salles de gardes (grâce aux médaillons pris sur eux, nous étions dès lors imunisés au mal ambiant), armurerie… Armurerie dans laquelle Asymar eu la bonne idée de prendre un plein sac de « fioles » hautement explosives, qui, lorsque l’ennemi jeta les siennes sur nous, provoquèrent une réaction en chaîne nous laissant tous deux au tapis...


Après avoir exploré entièrement cette partie du complexe souterrain, nous avons rencontré la délégation du Kjeldor, que nous avions déjà aperçue à Istr Ayt Zahn. Il a fallu se résoudre à coopérer avec eux pour progresser plus avant, car le seul passage était gardé par une gigantesque machine rappelant les « bombardes » construites par les nains. Cette position était lourdement fortifiée, et la puanteur de centaines de non-morts parvenait jusqu’à nous depuis l’autre extrémité de la vaste galerie qu’il nous faudrait traverser pour atteindre l’ennemi. Entrant dans le plan éthéré, Asymar et moi-même avons traversé les murs à l’abrit des regards, et déversé tout ce que nous avions pu trouvé de « boules explosives » sur la machine et ses défenseurs, semant la confusion dans leurs rangs, et permettant à nos compagnons d’arriver au corps à corps, camouflés par la fumée et la poussière. L’horrible petit garçon (les Kjeldoriens affirmaient qu’il s’agissait d’un Dragon Noir), qui se trouvait en première ligne, fut grièvement blessé par les explosions et préféra battre en retraite, tandis que ses serviteurs étaient hachés menu par nos guerriers. Les Kjeldoriens semblaient pressés de poursuivre le Dragon. Ils étaient venus chercher un philactère magique en sa possession : si nous leur laissions cet artefact, ils nous laisseraient le reste du butin, « ainsi que la vie », nous dit leur prêtre. Quelle blague ! Sans avoir besoin de nous concerter, nous fîmes tous mine d’accepter ce marché, et essayâmes tant que possible de paraître moins fort que nous ne l’étions (chacun anticipant en réalité le plaisir de mettre fin à la vie de ces imbéciles, et échaffaudant des plans pour conserver la totalité du butin pour lui-même). Etant donné l’arrogance et la confiance excessive des Kjeldoriens, je ne doutais pas qu’ils allaient tout avaler, et que cela causerait leur perte.


C’est alors que le Tout Puissant Yezm entra en contact télépathique avec moi : il voulait le philactère pour lui seul, et il m’avertit que ce nétait plus qu’une question de minutes avant que le Dragon ne termine un horrible rituel destiné a faire revenir sur ce monde un Dieu du passé.


Nous nous précipitâmes alors tous vers le lieu de la cérémonie, ignorant – pour l’instant tout du moins – les différentes salles au trésor devant lesquelles passions. Une fois sur place le combat s’engagea : nous laissâmes les stupides serviteurs du bien s’élancer seuls sur le Dragon, et subir son terrible souffle de plein fouet. Tandis qu’ils distrayaient le colossal lézard, nous l’avons contourné pour contempler ce qu’il nous cachait et interrompre le rituel. Mais il était déjà trop tard ! Par un portail ouvert sur l’un des innombrables enfers, nous vîmes s’avancer vers le plan matériel le Fils de la Déesse Hel : un humanoïde de plusieurs mètres de haut. Il était insensible à nos attaques, aussi bien physiques que magiques, et notre seul espoir était de lui arracher le phylactère avant qu’il ne recouvre sa pleine puissance. Ce fut chose faite après un rude combat, mais le rejeton de Hel n’était pas encore vaincu. Pendant ce temps, les Kjeldoriens avaient vaincu le Dragon, au prix de lourdes pertes, et un paladin vint se mesurer au demi dieu. J’avais récupéré le phylactère, et nous choisîmes ce moment pour trahir nos alliés. Lorsque la victoire m’est apparue certaine, j’ai discrètement fuit les lieux pour aller piller les possessions du Dragon. Je trouvai divers objets magiques et me barricadai dans la salle les contenant. Samael et Ababakar (Asymar ayant été mis hors de combat) trouvèrent quant à eux une quantité impressionante d’or. Par chance, l’un des objets de la salle me permit de me téléporter au Sultanat avec Asymar, m’évitant d’avoir à partager avec les autres !


Une fois à la surface, je découvrais une ville assiégée par des troupes arborant les étendards du Kjeldor, ainsi que d’autres qui m’étaient inconnus.


Jour 10

« J’écris ces lignes depuis les niveaux inférieurs des égouts de la ville, loin sous la surface, me terrant comme un rat pour échapper au courroux de l’archimage Thynn du Kjeldor… Je ne sais si je dois me réjouir ou regretter les évènements de cette journée… »


Avant-hier, en fin d’après-midi, après m’être téléportée dans ma suite de La Charrue d’Or, j’ai découvert la ville en proie aux flammes et au chaos, cernée par les troupes Kjeldoriennes et leurs mystérieux alliés. Toutefois cela n’était pas ma préoccupation principale. Je repris forme humaine, demandai au service d’ordre de mettre Asymar à la porte, puis me dirigeai vers Forge Knox pour y mettre à l’abri mes richesses nouvellement acquises, avant que mes « amis » ne trouvent un moyen de rentrer en ville et de me dérober les biens que j’avais si durement gagnés.

Le sultanat était soumis au bombardement de diverses créatures volantes, qui cherchaient à incendier toute la ville. Toutefois les bâtiments gouvernementaux, tout comme ceux des plus riches et puissants citoyens de la cité, demeuraient intacts, tandis que les quartiers populaires étaient déjà en grande partie en ruines, les morts et les blessés encombrant les rues, la population affamée étant livrée à elle-même. Le chef de la sécurité de l’auberge, un Minotaure musculeux, m’avait informé du fait que le siège avait débuté le lendemain de notre départ… soit depuis quatre jours. Cela avait été si soudain et imprévisible que peu de monde avait pu quitter la ville, et tout le surplus de population généré par le grand marché annuel était ainsi coincé à l’intérieur des remparts (cela expliquait que les ressources de la ville s’épuisent si vite)

Arrivée à Forge Knox, je laissai en dépôt mon or et plusieurs objets, offrant en paiement quelques armes magiques. Lokidor (quelque chose semblait changé en lui, mais quoi ?) en profita pour me soumettre un coup audacieux qui selon lui nous rendrait immensément riches. Il s’agissait de cambrioler Thynn, le puissant mage qui faisait le commerce d’articles magiques. En effet, celui-ci n’avait pas profité de ses pouvoirs pour fuir la ville, mais au contraire comptait tirer profit du siège en monnayant ses enchantements de protection. C’est donc lui qui veillait sur les points vitaux de la ville, ainsi que sur Forge Knox entre autres. Il louait ses services une vraie fortune (cela était difficile pour Lokidor l’avare, mais il n’avait guère le choix), et devait donc être plein aux as (millionnaire en po !!). D’ailleurs, Lokidor s’était également offert ses services pour se libérer de la malédiction de Yezm (ouiiii, c’était ça ce changement ! L’odeur pestilentielle dégagée ce prêtre avait disparue !).
L’opération semblait extrêmement risquée, mais les sommes en jeu étaient vraiment tentantes. Je quittai donc la forge en promettant à Lokidor d’en parler au reste du groupe, quand je les verrai.

Alors que la nuit tombait, je pénétrai dans les égouts pour apporter son du à Yezm : le phylactère du dragon. Il semblait n’avoir cure de ce qui pouvait se passer en surface, et m’intima le silence lorsque je tentai de le questionner sur l’artefact. Il me donna congé, et je quittai donc les anciens appartements de Ababakar... toutefois alors que je franchissais le seuil de la lourde porte de métal, j’entendis un rire d’enfant dans mon dos : faisant volte face, il me sembla apercevoir le dragon que nous avions abattu, se tenant dans l’ombre du Maître ! La lourde porte me claqua alors au nez, me laissant perplexe… Je rentrai passer la nuit à la Charrue d’Or, m’interrogeant sue ce qu’il venait de se passer.



Le lendemain, je décidai de tirer profit de l’un des objets ramenés de l’Outreterre : une Carafe d’Eau Infinie, d’une grande utilité en période de siège, que le Sultan m’achèterai certainement à bon prix ! Je ne rencontrai pas le gouverneur, mais l’un de ses chambellans. Celui-ci se révéla dur en affaires, cherchant visiblement à m’escroquer. Nous parvînmes toutefois à nous mettre d’accord : je lui louais la carafe le temps que durerait le siège, et il me remettait un titre de noblesse, faisant de moi la maîtresse absolue des bas quartiers de la ville. L’idée me séduisit.

L’après-midi je rendis visite à Asymar, qui avait trouvé refuge dans un hospice pour les pauvres. Le quartier avait été dévasté par les incendies. Je ne fus qu’à moitié surprise d’y croiser Samael ; ces coquins avaient trouvé un moyen de rentrer plus vite que prévu. Je lui donnai donc rendez-vous chez Lokidor à la nuit tombée, pour un coup « fumant », et lui demandai de faire passer le mot. Une idée séduisante me trottait dans la tête : dénoncer ces idiots à Thyn, qui saurait me récompenser, me paraissait moins risqué et bien plus drôle ! Toutefois, le risque de voir l’un des enfants succomber (et par conséquent un sort encore bien pire s’abattre sur moi) était bien trop grand, et je du me résoudre à suivre le plan de Lokidor…

Six heures plus tard, nous étions tous réunis, discutant du plan à adopter pour dévaliser la grande tente de Thyn. Cela faisait déjà plusieurs jours que Lokidor l’espionnait, et il nous apprit qu’il était possible de frapper de nuit en toute impunité, alors que le mage était absent, confiant ses biens à ses gardes nains. Ce qui n’aurait du être qu’une formalité faillit tourner à la débâcle. Les deux nains disposaient visiblement des meilleures protections magiques de l’Archimage, et ne cessaient de se régénérer, mettant à mal nos guerriers. Pendant ce temps, Lokidor et hommes avaient esquivé le combat, s’attaquant au pied de biche à la tente changée en métal. Quelques sorts de fracassement et de métamorphose plus tard, nous étions vainqueurs. Mais ni les tentatives de Lokidor, ni les nôtres par la suite, ne pure percer le secret de la tente. Dépités, nous quittâmes les lieux, laissant derrière nous un poisson en fer et un automate démembré…

La nuit était déjà avancée lorsqu’un élément essentiel du récit des espions de Lokidor me revint à l’esprit. Retournant le cherché lui et ses hommes, nous sommes retournés à la tente : il suffisait en principe de toucher son entrée avec la main de l’automate restant. Hélas, celles-ci avaient disparues, volées par des gosses des rues ! Il nous fallait faire vite pour les récupérer cette nuit même, avant que Thyn ne regagne sa tente. Ce ne fut finalement pas très difficile, en distribuant quelques piécettes et en explosant quelques crânes encore jeunes. Nous allions enfin être riches ! Nous entrâmes à la queue-leu-leu sous le chapiteau, et la moitié d’entre nous fut métamorphosé aléatoirement par ses sorts de protection… Mais cela n’était pas bien grave, les richesses de Thyn allaient être nôtres ! Après avoir retournée toute la tente, nous avons finit par trouver un trou portable, dans lequel était dissimulée un fortune difficilement imaginables ; des centaines, des milliers de sacs contenant de pièces de platine y étaient entreposés. Chacun emporta ce qu’il pu, Lokidor empochant la plus grosse part avec ses nombreux chariots.

Le jour allait bientôt se lever, et avec lui, Thyn arriverait et serait sans doute dans une colère noire. Nous nous sommes donc dispersés, cherchant à mettre à l’abri notre butin mais aussi nos fesses. Et me voilà ici, dans ces égouts puants, dans une grotte que j’ai moi-même creusée magiquement, à attendre que le jour se lève et priant Yezm que l’Archimage ne mette pas la main sur moi….


( écrit par Imothep)

 





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