| Campagne
Val-Faust
(monde:Les terres Balafrées,continent:Ghelspad)
Histoire de Falicius Lokthaar
Roublard L/N (Nemorga)
Moi, Falicius Lokthaar, cuisinier de métier, je vais vous conter mon histoire jusqu’à ce jour.
Je suis le fils de Lucinus Lokthaar et Thulla Tanyhock, famille de commerçant en la cité de Val-Faust. Mon père bien que résident de la cité des nécromants, n’y est pas né. En effet le reste de ma famille réside en Darakeene et plus précisément à Orcad la capitale frontalière de la province d’Orcad.
Mon père commença à sillonner les routes afin d’échapper au destin que son père lui avait tracé, à savoir reprendre l’auberge familiale.Il vécut de ses aventures durant quelques années, parcourant ainsi le monde.Mais son envie de parcourir les terres fût stoppée quand, lors d’une visite dans la Forêt des Licornescies, il croisa le chemin d’Herian Korthal, nécromants de Val-Faust au prise avec des Trolls des forêts.
La garde minimaliste d’Hérian, ainsi que ses sorts avaient réussi à réduire à néant l’envie de tuer de 02 des trolls. Mais les 02 guerriers ne parvirent pas à exterminer totalement la menace avant de passer de vie à trépas, laissant le nécromant face à son destin.Mon père en quête de reconnaissance et de renommé trouva en cette situation, l’occasion de faire connaître son nom au sein de la cité de Val-Faust. Il se précipita alors à la rescousse de l’infortuné. Il porta le coup fatal au troll, mais ne pu éviter la chute de ce dernier. La blessure engendrée eue pour issue par la suite, l’amputation de sa jambe gauche.
Ne pouvant laisser sur place son sauveur, Hérian Korthal, se fît un devoir de ramener au sein de sa cité Lucinus Lokthaar. La vie d’aventurier de mon père, se trouva donc ramené à sa plus simple expression. Mais étant trop fier pour retourner vers les siens en Darakeene, il profita de l’influence d’Hérian afin de s’installer définitivement en cette cité.
Les quelques biens qu’il avait réussis à accumuler au cours de ses voyages ainsi que l’appui financier de son nouveau compagnon, lui permirent de se porter acquéreur d’une modeste auberge, connue actuellement sous le nom de « Table du Boiteux ». Ses connaissances dans l’art culinaire étant réduites au strict minimum, il s’attacha les services d’une demoiselle de la cité. Elle répondait au nom de Thulla Tanyhock. Cette jeune fille Val-Faustoise de naissance était cuisinière de métier. Cette demoiselle étant seule en ville suite au décès de ses parents, subsistait en monnayant ses talents de cuisinière.
La mort de ses géniteurs survint alors que ses derniers avaient décidé de tenter l’aventure hors de l’enceinte protectrice de leur cité.Tombés dans une embuscade tendue par un nécromant de Glivid Autel en quête de nouveau corps, ils succombèrent à l’attaque de ses squelettes. La toute jeune enfant qu’elle était alors fût miraculeusement épargnée.Bien que saine et sauve, elle garde à l’esprit l’image cauchemardesque de cette attaque. Il en résulta une peur panique des squelettes et de tout ce qui touche de près ou de loin à la nécromancie.
De sa collaboration avec mon père naquit une histoire d’amour dont je suis la parfaite, et à ce jour la seule, illustration vivante. La plus crainte de ma mère suite à ma naissance, fût que je décide un jour de me tourner vers la branche la plus noire de la magie. Ce qui, soit dit en passant, aurait du m’arriver puisque je suis naît roux en la cité de Val-Faust . Elle oeuvra par conséquent tout au long de mon enfance pour me préserver. Elle prit donc la décision très tôt de me teindre les cheveux , habitude que j’ai depuis gardé.
Ma mère Thulla Lokthaar Tanyhock , est une mère aimante, trop dirais-je. Etant l’archétype même de la mère protectrice et possessive , elle fît tout pour me garder auprès d’elle. Mes jeunes années s’écoulèrent donc dans un cocon d’amour et de protection dont ma mère était le verrou et le garant, ne me laissant jamais seul très longtemps.
Au cours de l’année 135 ApV. , peu de temps après mon 5éme anniversaire , mes parents reçurent une lettre en provenance d’Orcad . Cette missive écrite de la main de mon grand-père paternel , tenancier de l’auberge du « Paon Chantant » , demandait à mes parents de se rentre en la cité frontalière de Darakeene, afin de l’assister dans ses derniers instants. Se fût l’occasion pour mon père de retrouver les siens, et également de leur présenter sa nouvelle famille. Les membres de son « clan » étaient au nombre de deux. Il n’existe que son père Loguyanus Lokthaar et son frère Morthymus Lokthaar.
Alors que son père était aubergiste également, son frère était quant à lui un ancien porteur de la cité. Ma vie au côté de mon grand-père ne dura guère plus de trois semaines . S’écroulant sous le poids de l’age et de la maladie, il légua à ses fils les biens qu’il possédait ,à savoir l’établissement du « Paon Chantant », et fît de moi ( son seul petit-fils ) , l’heureux propriétaire de son jeune poulain Blacklight.
Mon oncle ,épuisé par des années de labeur au service de l’entreprise fondée par MessireYel-Okhab et des nobles de la cité, n’était pas en mesure de reprendre l’affaire familiale. Mon père se trouva donc confronté à un dilemme dont il ne savait définir l’issu.Ma mère voyant dans cet héritage une chance de me tenir éloigné de ce qui symbolise ses plus grands craintes , à savoir Val-Faust et Glivid-Autel , trouva les arguments pour nous faire rester dans cette ville. Il était donc rattrapé par son destin et confronté à la vie qu’il avait fuit des années auparavant. Entraîné dans cette nouvelle vie par ma génitrice ,plus heureuse que jamais, mon père ne pris même pas la peine de retourner vers la cité des nécromants afin d’y régler le problème de son établissement. Nul ne sait à qui il profite aujourd’hui.
Une nouvelle vie débuta alors pour nous. Mes parents reprirent donc à leur compte cet établissement qui jouissait d’une bonne réputation. Ma mère quelque peu rassurée pour mon avenir, ne relâcha pas pour autant les mailles du filet qu’elle avait tissé autour de moi. Mon univers se limitait donc aux quatre murs de l’auberge. J’ai grandi dans cet univers cosmopolite où les nains du quartier Sous-Falaise côtoyaient les marchands, les gardes de la ville, les chasseurs de mort ainsi que les habitants de la cité.Tous les habitués de notre établissement, étaient accoutumés à ma présence. Une situation que je subissais au début mais que je sus , par la suite, tourner à mon avantage .
En effet , cantonné dans ce qui ressemble à une prison dorée, je ne rêvais que d’aventure et de connaître le monde extérieur. j'avais donc à ma disposition une source quasi intarissable de récits épiques plus ou moins vrai, mais qui étanchaient ma curiosité sans cesse grandissante . C'est ainsi qu'en plus de l'enseignement que me prodigué ma mère je pus parfaire ma connaissance des langues .Un jeune nain du nom de Aragloïn Holtahur , fût mon maître d'école pour m'enseigner la langue de son peuple mais également ce qui lui servait à ne pas trop ouvrir sa bourse , à savoir tricher aux dés.
Grâce à ses précieux conseils , je devint plus que jamais la coqueluche de l'établissement de mes parents. Tout le monde s'était pris d'affection pour moi , à tel point que les clients se disputaient ma présence a leur table. Cela ne pouvait que me ravir: moi Falicius Lokthaar , petit homme de 8 ans , je devenais le centre d'intérêt d'un monde dont je ne connaissais presque rien. Ma notoriété toute relative me permettait ainsi de me promener de table en table afin d'y piocher des renseignements sur le monde du dehors.
Nous logions au-dessus de l'établissement , dans un appartement qui avait abrité durant de longues années la vie de mon grand-père. C'était un logement modeste mais confortable mais dont la décoration trahissait l'absence d'une présence féminine durant longtemps. A ce sujet , je ne connais rien de ma grand-mère , mon père se refusant à répondre à mes questions concernant celle qui l'avait mis au monde. La fenêtre de ma chambre , s'ouvrait sur l'arrière de la taverne. C'était mon seul moyen d'avoir mon propre regard sur la cité d'Orcad. Je contemplais de cette lucarne une cité dont je n'avais encore pu arpenter de mon propre chef.
Cependant il était un événement qui me permettait de « toucher » ces lieux que j'observais depuis ma chambre.En effet le Vahndi était le jour de la partie de chasse , jour que j'attendais avec une impatience non dissimulée. C'était là l'occasion de sortir de notre maison et de me retrouver seul avec mon père , loin d'une mère qui m'étouffait par son amour. Malgré son handicap mon père , qui portait une jambe de bois , aimait à se retrouver en forêt , loin du tumulte de la ville en se remémorant ses jeunes années d'aventurier . Nos escapades forestières nous procuraient un moment d'intimidé , rapprochant un père et son fils. Mon père , d'habitude si discret , me racontait alors ses périples . Il me parla alors des orques , des gobelins , des trolls ,et de bien d'autres créatures encore qu'il avait pu croiser ou bien occire . Il profitait également de ces parties de chasse pour m'appendre à traquer les bêtes et à manier différentes armes dont l'arc. Je sus très vite me rendre très apprécié autant pour mes qualités de pisteur que d'archer.Ces moments étaient de grands instants de joie et de plaisir mais cela ne m'apportait que bien peu de réconfort par rapport au reste de la semaine où je vivais cloîtré sous l’œil vigilant de ma mère.
Quand je fus en age de travailler, soit après mon 10ème anniversaire, ma mère me plaça à ses cotés dans la cuisine afin de l'aider dans sa tâche quotidienne. L'attention que je portais aux conseils avisés qu'elle me donnait, créa en elle le secret espoir que je devienne à sa mort le repreneur de l'auberge familiale. Cependant j'y voyais pour ma part, l'assurance de pouvoir subvenir à mes besoins le jour où je prendrais la poudre d'escampette.
Les années qui s'écoulaient tranquillement ayant joué sur moi leur rôle, je me trouvais en mesure de quitter ma chambre la nuit venue afin de parcourir la ville, me soustrayant au regard de tous, j'arpentais alors les rues désertées de la ville. Afin d'éviter toutes rencontres malheureuses, j'appris très vite les passages peu usités durant la nuit ainsi qu'à me fondre dans l'ombre. J’ai pu alors observer et écouter à loisir mes congénères. C'est à partir de ce moment que prenait forme celui qui plutard serait connu sous le nom de « L'Ombre .
Au fil des années mes sorties nocturnes se firent de plus en plus longues et fréquentes. Si bien que j'en étais rendus à passer quasiment toutes mes nuits dehors. Ma notoriété à l'intérieur des murs de l'établissement ne s'étant pas amoindrie avec le temps, je jouissais toujours des faveurs de la clientèle, tout comme de ses confidences et secrets divers. Ma connaissance, à présent quasi-parfaite d'Orcad, me permettait de situer des lieux et des personnes précisément. J'en appris ainsi beaucoup sur les jalousies , les envies et les désirs des habitués qui fréquentaient assidûment notre table. Il ne me restait plus qu'à leur servir sur un plateau le fruit de leur convoitise.
La présence dans notre ville de chasseurs d'os et donc de voleurs, m'aida considérablement dans ma tache. Il me fût aisé de rentrer dans la demeure de l'un d'entre eux afin d'y récupérer un peu d'équipement. Je pris ainsi possession des outils de Yin-Yon , trop occupé qu'il était à errer en ville tel une âme en peine.
Maintenant pourvu d'un peu de matériel ,je pouvais me lancer sur le marché lucratif de la rapine. Les employeurs potentiels ne manquaient pas. En effet il me suffisait simplement d'être encore plus attentif aux confidences qui emplissaient la taverne au fur et à mesure que les chopes se vidaient.
Mon premier employeur, si je peux le nommer ainsi, a été Dorian Ethril. Petit commerçant d'Orcad, il souhaitait récupérer une dague de valeur que son apprenti avait vendue à bas prix en son absence. Ce fût mon premier larcin. Ma vie s'écoula donc ainsi durant de nombreuses années, partagée entre les activités nocturnes de l'Ombre et la petite vie paisible de Falicius Lokthaar, cuisinier à la taverne du « Paon Chantant » et joueurs de dés. Je passais donc mes journées en salle à l'issue de mon service afin d'y glaner des informations pour satisfaire les requêtes secrètes de mes clients.
Ces années furent également marquées par quelques rencontres importantes. En effet je fis la connaissance du Barde Tranzi le Maigre , qui me donna le goût de la musique. Trop heureux d'avoir découvert en moi un amateur de son art, il m'enseigna comment jouer de la bombarde puis quand je fus en mesure de tirer une mélodie de l'instrument il m'en donna une. La renommée grandissante de l'Ombre me donna accès à des contrats de plus en plus important, m'obligeant par alors à transgresser une règle que je m'étais fixées, à savoir ne pas rencontrer directement mes interlocuteurs.
Pour se faire, je mis en pratique les leçons de couture que ma mère m'avait prodiguées afin de me confectionner une tenue. Tenue qui, à ce jour, est toujours en ma possession. Elle est constituée d'une combinaison moulante, d'une cagoule et d'une paire de gants, le tout réalisé en tissu noir.
Ma double vie me permit de résoudre les problèmes de mes concitoyens mais également de satisfaire mes besoins personnels. Il est relativement aisé d'obtenir ce que l'on souhaite à moindre frais si l'on sait où et quand chercher. J'ai ainsi durant ces années réuni le matériel nécessaire à mes méfaits. Mais cette vie bien que trépidante, en ce qui concerne sa partie nocturne, ne répondait toujours pas à mes attentes. Bien sur j'étais devenu l'Ombre, la rumeur d'Orcad, le Justicier Masqué, le Voleur sans Scrupule, celui qui faisait trembler les hommes dans leurs couches la nuit venue. Mais j'étais en attente du jour où j'obtiendrais la réponse à la question qui tournait en moi sans arrêt et dont mes proches détenaient la clef sans vouloir me dire mot.
Quel était le secret qui pesait sur moi ? Pourquoi me tenir éloigné de la cité des Nécromants ? Que craignait ma mère pour moi par rapport à Val-Faust ?
J'étais décidé à savoir quel aurait pu être ma vie dans cette ville que ma mère nommait le Cité Noire. Durant de longues années j'ai pris alors soin de m'aguerrir aussi bien physiquement, que dans mon art nocturne, amassant également le matériel nécessaire à mon expédition. J'étais décidé à rejoindre Val-Faust afin de trouver seul la réponse à ma question.
Aujourd’hui, âgé de 20 ans je me sens enfin prêt à relever le défi de ma vie :
Savoir Qui Je Suis Ou Plutôt Qui Je Devrais Etre ?
Ce soir, à la faveur de la nuit, je sortirai à nouveau de ma chambre pour parcourir la ville. Mais aux premières lueurs du jour ma couche restera vide. Ce soir je pars, mon destin m'attend à Val-Faust. Quand ma génitrice viendra, comme à son habitude, réveiller son fils, elle ne trouvera qu'une missive écrite de ma main lui disant combien je l'aime mais combien j'aime cette liberté naissante. Combien il est important pour moi de percer le mystère qu'elle a créé autour de moi
Je serais alors loin chevauchant Blacklight, parcourant les terres en direction de la cité des Nécromants.
( écrit par
cuk) |